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Transport Intelligent : Gouvernance et Déploiements

06-11-2019

Le professeur PAN Haixiao est directeur des études de transport urbain au département de planification urbaine à l’Université de Tongji à Shanghai et directeur d’IVM Chine.

La cosmologie traditionnelle chinoise identifie 5 éléments (Eau, Feu, Bois, Métal et Terre) qui sont à la fois des substances naturelles et des propriétés d’action, dont la combinaison crée l’infinité des choses, des êtres et des concepts. Dans leur vie sociale, les Chinois apprécient tout particulièrement le bon esprit qui anime les réunions, les beaux habits, la bonne cuisine, le confort de la maison et la haute qualité des servives de transport.

Les métropoles chinoises ont été construites avec de larges avenues. On a vu que le transport automobile a pu s’y installer sans difficulté au départ, que les vélos ont ensuite reconquis l’espace, (et doivent maintenant le partager avec les trottinettes ) dans les hypercentres des grandes métropoles. La voiture s’est tellement développée que la congestion s’est installée et on a fait appel aux ITS pour trouver des solutions de gestion du trafic , avec le cas particulier des intersections entre des rues avec un grand nombre de voies et des véhicules ayant des vitesses différentes . Puis les ITS ont été utilisés pour détecter les incidents et incivilités présentants des dangers pour la sécurité routière

La gestion des transports publics s’est développée pour améliorer leur capacité et leur fiabilité (systèmes d’aides à l’exploitation, d’information des usagers, de sécurité/sûreté)

Le développement du téléphone portable qui est devenu un outil essentiel de la mobilité urbaine, a permis de modifier profondément l’utilisation des taxis [8], puis d’aborder la multimodalité de façon concrète à partir d’applications qui permettent d’identifier le besoin du client .

Nous sommes en ce moment dans une phase critique où il faut faire la différence entre les “anciens” modes de transport (cinq par exemple, qui pouvaient être décrits assez facilement dans les livres sur les transports) et un nombre indéfini de nouveaux modes qui sont des combinaisons des modes anciens avec des éléments de numérique. Ces systèmes correspondent à un renouvellement profond des relations avec l’infrastructure des routes et des rues qui permettent de légaliser sous certaines conditions des pratiques qui étaient illégales ou simplement tolérées parce que marginales avant la généralisation des smartphones.

Parallèlement, on doit souligner les efforts considérables faits par les acteurs industriels de la mobilité (constructeurs de matériel, transporteurs, télécoms, informatique, fournisseurs de service) pour préparer ensemble le futur de ce domaine. Ceci n’a pas été simple par ce que ces acteurs avaient des mots différents pour désigner des objets ou des projets largement identiques sur le fond. Dans le système de décision chinois, les ministères qui exercent la tutelle sur ces secteurs industriels doivent engager un dialogue entre eux et des arbitrages doivent être faits à des niveaux politiques élevés. C’est ce qui s’est passé dans les dernières années en tenant compte des aspects environnementaux . L’objectif aujourd’hui est de parvenir au niveau international à une bonne interconnection des réseaux de transport grâce à un système global de gouvernance. Parmi les décisions récentes on note le développement souhaité de la coopération internationale, d’une culture d’innovation et de talents et d’une amélioration des mécanismes permettant la participation du public

Les exemples concrets d’avancées récentes des ITS en Chine sont les suivants :
- La vidéo surveillance de l’espace public déployée à Hangzhou pour optimiser le fonctionnement des feux rouges qui permet aussi d’identifier environ 20000 incidents par jour sur la voirie.
- Gestion intégrée au niveau régional et nationale des flux de déplacements de tous les modes de transport
- La gestion temporelle des places de parkings selon leur localisation

Les avancées des prochaines années devraient se produire dans le domaine des véhicules autonomes pour lequel une réglementation nationale permet d’organiser des essais, de définir des spécifications et de mettre au point des normes tout en développant des savoir faire industriels et des compétences professionnelles.