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Mai 2020 : Déconfinement en France, objectifs du gouvernement, difficultés et résultats

30-10-2020

Michel Rostagnat est membre du Conseil général de l’environnement et du développement durable, au ministère de la transition écologique, chargé des questions de transports. Il est responsable du suivi d’un accord franco-chinois de coopération dans les transports.

La crise du Covid-19 a débuté à Wuhan en Chine.
- 16 mars 2020, le président français ordonne le confinement général.
- 11 mai, le retour au travail et à l’école primaire sont autorisés. Deux autres étapes de déconfinement ont suivi.
- 2 juin : retour au lycée, réouverture des restaurants et églises.
- 22 juin : retour à la vie normale.
Mais en octobre, l’épidémie revient et des mesures restrictives ponctuelles sont prises.

Le déconfinement a conduit à des problèmes de transport :
- les autorités organisatrices des transports et leurs transporteurs ont pris des mesures de « distanciation sociale ». Ils alertent sur le risque de « chaos » et de blocage économique ;
- Les gens ne comprennent pas pourquoi ils voyagent dans des transports bondés et ne peuvent pas se rendre dans un parc public ou une église ;
- 30% des agents de la RATP ne sont pas venus au travail car ils ont dû garder leurs enfants à la maison pendant le déconfinement ; Il est difficile d’être prudent pendant les périodes de pointe ;
- L’obligation du port d’un masque est source de violences verbales et physiques.

Fin septembre, le niveau de trafic urbain a atteint 80 à 90% du niveau précédent, sauf en région parisienne où il est resté à environ 65%. Les usagers évitent autant que possible les transports en commun dans les plus grandes villes mais le comité scientifique Covid-19 affirme que pas plus de 1 à 2% des clusters proviennent des transports en commun. Cependant, les gens gardent à l’esprit les contraintes de la distanciation sociale.

Les usagers ont adapté leurs comportements : télétravail ; voyages en dehors des heures de pointe ; choix du transport individuel (y compris la voiture) pour éviter les transports collectifs. Le trafic a diminué de 50% aux heures de pointe.

Les pouvoirs publics ont réduit l’espace dédié à la voiture et des « voies coronavirus » ont été créées dans les rues et dédiées aux vélos. Le vélo augmente mais reste marginal : avant la crise sanitaire, le vélo représentait 2% des déplacements dans les grandes villes, 3% au centre-ville de Paris et à Lyon, plus à Strasbourg et Grenoble. Son trafic a augmenté de 40% en septembre 2020, de 70% à Paris où il atteint actuellement 5% des modes de déplacement. Le trafic devrait revenir à la normale.

Les modèles classiques sont mal adaptés à la prévision de trafic. Les opérateurs mobiles ont fourni des données de smartphones pour évaluer les mouvements de population à long terme et établir une comparaison avant et après le confinement par département. Les données permettent de localiser les personnes avec précision. Movit évalue les flux globaux sur les axes et Kisio fait des statistiques de trafic sur les parcours origine destination avec une vision dans le temps.

À l’avenir, les employeurs doivent encourager le télétravail et l’étalement des heures de pointe ; les employeurs, les promoteurs immobiliers et les autorités locales sont invités à travailler ensemble ; L’information multimodale, la facilitation du transfert modal et l’intégration de modes de transport lents ou partagés sont encouragés.